Le coin des enfants

Les enfants sont les acteurs du changement et il est essentiel de tenir compte de leurs vues et de leur expérience aux fins de l’élaboration de réformes politiques et juridiques, du regroupement des données et de la promotion de la recherche sur la violence contre les enfants. La Représentante spéciale est fermement déterminée à nouer des alliances élargies avec des enfants du monde entier et à obtenir leurs opinions et recommandations sur la prévention de la violence et la lutte contre ce fléau, y compris lorsque des consultations régionales et d’experts sont organisées et des rapports thématiques élaborés.

L’absence de sécurité personnelle et l’impossibilité de vivre dans la paix sont des problèmes urgents auxquels font face les populations du monde entier. Les inégalités et l’absence de politiques en faveur des enfants et des jeunes sont des facteurs importants et bien connus de la violence ; et l’élimination de toutes les formes de violence contre les enfants est un critère fondamental du programme de développement. Les enfants et les jeunes insistent sur le fait qu’il faut tenir compte de leurs vues et leur donner une réelle possibilité d’influencer les décisions qui sont prises en ce qui concerne la prévention de la violence et la lutte contre la violence, et cela pas uniquement à quelques occasions, mais en les considérant plutôt comme des partenaires à part entière et des acteurs du changement.

La contribution des enfants a été cruciale au moment de définir le projet qui a abouti à l’élaboration du Programme 2030. Les enfants étaient enthousiastes à l’idée de participer à l’élaboration du nouveau programme de développement durable. Ces derniers jours, ils nous ont rappelé qu’ils demeuraient fortement attachés à jouer un rôle essentiel dans les travaux à venir en tant que partenaires investis et acteurs du changement.

Être à l’écoute des enfants : le Programme 2030

Les enfants ont une vision claire du monde qu’ils souhaitent voir advenir. Quelle que soit la région où ils se trouvent, grandir en toute sécurité et sans violence fait partie de leurs plus grandes priorités.

Leur appel est sans équivoque : la violence est un obstacle majeur au développement de l’enfant et il est urgent d’y mettre un terme !

C’est le constat qui se dégage de l’examen conduit par la Représentante spéciale, en collaboration avec des partenaires de la société civile, d’enquêtes en ligne et de plus de 80 consultations nationales organisées avec des enfants du monde entier sur le programme mondial de développement pour l’après-2015. Plus de 800 000 enfants y ont participé et leur message est sans ambiguïté. Pour ces enfants, quelle que soit la région dans laquelle ils vivent, la violence est une préoccupation prioritaire qui appelle une action urgente de la part des dirigeants mondiaux.

Lors des missions qu’elle effectue dans le monde entier, la Représentante spéciale recueille les mêmes messages des enfants qu’elle rencontre. Ceux-ci se disent désemparés par l’ampleur des situations d’abandon, de maltraitance et de peur dans le monde qui les entoure. Ceux qui sont victimes de la violence de proximité doivent affronter au quotidien la peur des extorsions et des manipulations exercées par des bandes violentes et des réseaux criminels, la crainte d’être considérés comme des dangers par la société et comme des criminels par la police.

Les recommandations des enfants révèlent une remarquable capacité d’adaptation ainsi qu’une ferme détermination à mener des activités de sensibilisation, à exprimer leur solidarité et leur soutien aux enfants victimes pour qu’ils se rétablissent, se réinsèrent et obtiennent réparation. Il est essentiel d’être à l’écoute des jeunes et de tenir compte de leurs vues et expériences pour voir la face cachée de la violence et surtout être mieux à même de la prévenir et de surveiller les progrès et l’incidence des mesures nationales.

Les objectifs de développement durable sont la preuve d’un sens de l’intérêt commun et d’un élan renouvelé pour participer à l’action mondiale. Ils donnent aussi le sentiment de plus en plus aigu qu’il y a urgence à agir et qu’il faut faire en sorte de ne laisser personne de côté !

La plus grande attention a été accordée à la participation des enfants lors des consultations régionales sur la violence à l’égard des enfants organisées par la Représentante spéciale du Secrétaire général en coopération avec les partenaires régionaux, comme indiqué dans les sections ci-après.

En outre, la collaboration avec les enfants a permis d’orienter de manière essentielle la recherche et l’action politique, notamment sur la protection des enfants contre le harcèlement ; sur les municipalités sures, adaptées aux enfants et pacifiques où les enfants vivent à l’abri de la violence et sur la question des enfants privés de liberté.

Déclaration des jeunes des Caraïbes, à Kingston (Jamaïque), le 15 mai 2012 

Manifeste des enfants et des adolescents des pays d’Amérique latine ayant participé à la réunion de suivi de l’Étude des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants et des adolescents d’Amérique du Sud, à Asunción (Paraguay), le 29 avril 2011

Consultation de suivi de l’Étude des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants : déclaration des enfants d’Amérique centrale et des Caraïbes, à Saint-Domingue (République dominicaine), les 1er et 2 décembre 2011

Déclaration des jeunes des Caraïbes, à Kingston (Jamaïque), le 15 mai 2012

Les enfants d’Asie du Sud demandent des soins de meilleures qualités et des services adaptés aux enfants, à Katmandou (Népal), le 29 septembre 2011

Participation de l’Amérique latine et des Caraïbes à la Conférence mondiale d’Habitat III, à Quito (Équateur), du 17 au 20 octobre 2016
 

Recommandations des filles, garçons, adolescents et adolescentes dans le cadre de la Consultation régionale sur la protection des enfants contre les brimades et le harcèlement en ligne, à Montevideo (Uruguay) le 24 mai 2016

Séance des enfants de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) à l’occasion de la septième table ronde interrégionale sur la prévention et l’élimination de la violence contre les enfants, organisée par la Représentante spéciale du Secrétaire général 

La participation des enfants à des réunions régionales portant sur la violence contre les enfants a été un aspect essentiel du mandat de la Représentante spéciale. Grâce à cette initiative, d’importantes déclarations d’enfants ont été adoptées dans toutes les régions, et les réseaux régionaux d’organisations dirigées par des enfants ont été renforcés.

Chaque année, la Représentante spéciale organise une table ronde interrégionale avec les organisations et les institutions régionales en vue d’accélérer les progrès en ce qui concerne la protection des enfants contre la violence et la promotion de la mise en commun des pratiques et expériences positives des régions. 

En juin 2017, la Représentante spéciale a coorganisé la septième table ronde interrégionale en collaboration avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), à l’occasion du Le anniversaire de cette dernière, célébré à Manille sous la présidence des Philippines.

Soulignant l’importance cruciale de la participation des enfants à l’action menée contre la violence, une session spéciale des enfants de l’ASEAN à laquelle ont participé des jeunes délégués des États membres de l’Association ainsi que de la République de Corée a été organisée. Cette session a reçu l’appui de Child Rights Coalition Asia (CRC Asia), un réseau régional composé de 13 organisations de 11 pays d’Asie qui œuvre pour la défense des droits de l’enfant et des droits de l’homme.

Les jeunes participants ont abordé des préoccupations essentielles, y compris la protection contre le harcèlement et la maltraitance en ligne, et la nécessité d’investir dans leur autonomisation et leur participation active à la prévention des cas de violence et à la lutte contre cette violence. Les jeunes délégués ont appelé de leurs vœux un entourage affectueux et bienveillant, que ce soit à la maison, à l’école ou dans leur communauté et prôné des initiatives de sensibilisation et d’échange d’informations pour qu’ils puissent devenir des citoyens autonomes, identifier les risques, signaler les incidents et solliciter l’aide de services qui leur sont adaptés. Ils ont reconnu la nécessité d’une action urgente de la part des gouvernements, notamment au moyen de lois et politiques efficaces et dotées de budgets suffisants, d’initiatives en matière de bonnes pratiques parentales et de programmes de renforcement des capacités pour les personnes travaillant avec les enfants. Ils ont souligné l’importance d’utiliser les mécanismes permettant d’avoir des débats ouverts avec les jeunes pour faire de ce monde un monde meilleur pour tous.

Consultation régionale avec des enfants et des adolescents sur la protection contre les brimades et le harcèlement en ligne

Aux fins de l’établissement du rapport du Secrétaire général sur la protection des enfants contre les brimades , le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants a organisé, à Montevideo, en coopération avec le Gouvernement uruguayen, une consultation régionale avec des enfants venus de toute l’Amérique latine, tenue sous la présidence pro tempéré du Comité permanent de l’initiative Niñ@sur du MERCOSUR, avec la collaboration du Mouvement mondial pour les enfants d’Amérique latine et des Caraïbes (MMI LAC) et du Réseau régional des filles, des garçons et des adolescents (REDNNYAS). Cette manifestation à l’échelle régionale a rassemblé 28 filles, garçons, adolescentes et adolescents venus d’Argentine, de Bolivie, du Chili, de Colombie, d’El Salvador, d’Équateur, du Honduras, du Paraguay, du Pérou et d’Uruguay. 

La consultation a offert aux enfants une occasion unique de réfléchir aux causes profondes des brimades et du harcèlement en ligne et au caractère urgent des mesures de prévention et d’intervention. Les résultats de la consultation ont été soulignés dans le rapport du Secrétaire général et présentés dans le rapport thématique publié par la Représentante spéciale sur le même sujet. Afin de communiquer et diffuser les résultats de la consultation, une brochure et une vidéo ont également été publiées.

Brochure en anglais « Regional consultation with children and adolescents on the protection of children from bullying and cyberbullying »

Brochure en espagnol « Consulta regional con niñas, niños y adolescentes sobre la protección de los niños contra el acoso escolar y el ciberacoso »

Video 

Rapport du Secrétaire général sur la protection des enfants contre les brimades

Dans sa résolution  69/158 , l’Assemblée générale a prié le Secrétaire général de lui présenter un rapport sur la protection des enfants contre les brimades brimades en se fondant sur les informations fournies par les États Membres et les parties concernées et en collaboration avec les entités compétentes des Nations Unies. Le Secrétaire général a présenté son rapport à la soixante et onzième session de l’Assemblée générale, en 2016.

Lors de l’établissement du rapport, les informations recueillies, notamment sur les bonnes pratiques qui consistent à appuyer les gouvernements dans les mesures qu’ils prennent pour protéger les enfants contre les brimades, ont été particulièrement utiles. Le rapport s’appuie sur diverses sources d’information, notamment sur des expériences directes rapportées par des enfants et leur opinion sur les brimades et le harcèlement en ligne.

Le rapport sur la protection des enfants contre les brimades comprend d’importantes recommandations portant sur un large éventail de domaines, notamment la législation, les politiques publiques, la consolidation des données, les initiatives de sensibilisation et de renforcement des capacités et l’autonomisation et la participation des enfants. Ces propositions contribueront à accélérer les progrès vers l’élimination de toutes les formes de violence contre les enfants, comme le prévoit le Programme de développement durable à l’horizon 2030, en particulier l’objectif de développement durable no 4 et la cible 16.2 associée à ces objectifs. 

Afin d’obtenir des avis et recommandations d’enfants concernant la prévention du harcèlement et la lutte contre ce fléau, le Bureau de la Représentante spéciale a collaboré avec l’UNICEF et utilisé une plateforme de messagerie sociale, appelée U-Report, qui a permis à plus de 100 000 enfants du monde entier de s’exprimer. Des enfants et des jeunes des pays ci-après ont donné de précieux avis sur cette question importante : Chili, Irlande, Libéria, Malaisie, Mexique, Mozambique, Nigéria, Ouganda, Pakistan, Sénégal, Sierra Leone, Swaziland, Ukraine et divers (autres pays).

À propos de U-Report

U-Report est une plateforme de messagerie sociale qui communique avec des jeunes du monde entier afin de les encourager à donner leur opinion sur des sujets qui les concernent. U-Report réalise des sondages auprès des jeunes par SMS, sur Twitter ou Telegram ou au moyen d’autres services en ligne, et diffuse les données recueillies sur un site Web public, dans le but d’apporter un changement social positif.

La plateforme U-Report est disponible dans 40 pays sur 4 continents et représente plus de 4 millions de jeunes qui sont aujourd’hui U-Reporters (voir https ://ureport.in/ureporters/).

Résultats

  1. Près de 9 enfants ou jeunes sur 10 pensent que les brimades sont un problème, ce qui confirme qu’il est urgent de remédier à cette forme de violence.
  2. Les deux tiers des enfants et des jeunes ont déjà été victimes de brimades (les informations recueillies ne permettent toutefois pas de dire à quelle fréquence elles se sont déroulées ou combien de temps elles ont duré ni de mesurer l’intensité ou la gravité de ces brimades).
  3. Les enfants et les jeunes qui estiment avoir été victimes de brimades expliquent ce harcèlement de plusieurs façons que l’on peut classer en quatre groupes d’importance équivalente : un quart estiment avoir été harcelés en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle ; près d’un quart en raison de leur appartenance ethnique ou de leur origine nationale ; un quart en raison de leur apparence physique ; un peu plus d’un quart pour d’autres motifs.
  4. Plus d’un tiers des victimes de brimades en avaient parlé à un ami, à un frère ou à une sœur, un tiers n’en avaient parlé à personne et moins d’un tiers en avaient parlé à un adulte. Moins de 1 sur 10 en avaient parlé à un enseignant, ce qui pourrait s’expliquer de diverses façons que ce soit pour des raisons économiques, en particulier l’accès à l’éducation formelle, ou culturelles, notamment la perception du rôle de l’enseignant ou des méthodes pédagogiques utilisées dans certains pays.
  5. Un tiers des enfants et des jeunes pensaient qu’il était normal de subir des brimades et n’en avaient donc parlé à personne. Un quart des victimes ne savaient pas à qui en parler. Près de la moitié des enfants et des jeunes n’en avaient parlé à personne parce qu’ils avaient peur ou honte.
  6. Les enfants et les jeunes ont invoqué quatre raisons d’importance équivalente pour expliquer les brimades : les adultes ne voient rien ; les enfants sont méchants ; c’est inhérent à la vie scolaire ou il n’y a pas de raison apparente.
  7. Plus de 8 enfants et jeunes participants sur 10 estimaient qu’ils devaient contribuer à trouver une solution en menant des activités de sensibilisation et en luttant contre le harcèlement à l’école. Moins de 1 sur 10 estimaient que l’interdiction légale du harcèlement était une mesure suffisante ou que les brimades cesseraient ou diminueraient si l’on formait les enseignants. 

Construire des espaces urbains sûrs pour et avec les enfants 

Afin de promouvoir des villes et des espaces urbains sûrs et non violents pour et avec les enfants et d’alimenter les débats de la Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) qui s’est tenue à Quito (Équateur) du 16 au 20 octobre 2016, la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants a organisé, en collaboration avec des partenaires essentiels que sont le Mouvement mondial pour les enfants d’Amérique latine et des Caraïbes (MMI LAC), le Réseau régional des filles, des garçons et des adolescents (REDNNYAS), Save the Children et World Vision, une série de consultations nationales et une consultation régionale avec des enfants, des jeunes et des maires de Colombie, d’Équateur, d’El Salvador et du Pérou. Environ 400 enfants et adolescents âgés de 6 à 16 ans ont participé à ces consultations et ainsi contribué à l’élaboration de « The cities of our dreams », une version adaptée aux enfants du Nouveau Programme pour les villes.

Version en anglais The cities of our dreams
Version en espagnol La Ciudad de nuestros sueños

Les jeunes participants ont présenté les résultats de cette consultation à l’occasion d’une manifestation parallèle organisée par la Représentante spéciale sur le thème du renforcement du rôle des maires afin que ceux-ci protègent les droits des enfants à vivre à l’abri de la violence en milieu urbain. Cette manifestation a reçu le soutien de l’UNICEF, du Secrétariat d’Habitat, du MMI LAC, du Réseau régional des enfants et des adolescents d’Amérique latine et des Caraïbes, de l’initiative Know Violence et de l’Institut Igarapé. 

Les vues et recommandations des enfants ont également été présentées lors du Forum des enfants et des jeunes organisé par le Secrétariat d’Habitat et à la session extraordinaire pour des villes plus sûres organisée par ONU-Habitat en coopération avec la Représentante spéciale. La session extraordinaire a mis l’accent sur les moyens de mise en œuvre du Nouveau Programme pour les villes et a contribué à recenser les bonnes pratiques à l’échelle mondiale dans le domaine de la mise en place d’espaces urbains plus sûrs.
 

 À l’écoute des enfants dont la mère, le père ou le tuteur est privé de liberté

En 2014, l’Assemblée générale a demandé qu’une étude mondiale sur les enfants privés de liberté soit conduite, en insistant sur le fait qu’elle devait être élaborée en tenant compte des vues des enfants. En 2017, la Représentante spéciale a associé ses efforts à ceux de l’organisation non gouvernementale uruguayenne Gurises Unidos et de Plataforma NNAPES (Plateforme régionale pour les enfants dont les parents sont incarcérés) afin de poursuivre les travaux dans ce domaine et de recueillir les avis et témoignages des enfants.

Des enfants âgés de 6 à 17 ans ayant un parent ou un tuteur incarcéré ont participé à des groupes de réflexion organisés à l’échelle locale en Argentine, au Brésil, au Chili, au Guatemala, au Mexique, au Nicaragua, au Panama, en République dominicaine et en Uruguay et à une consultation régionale tenue en République dominicaine. Une brochure portant sur les incidences de la privation de liberté sur la vie des enfants a été élaborée en tenant compte des vues exprimées par les enfants. Elle comprend également les recommandations qu’ils ont formulées afin d’assurer la protection de leurs droits fondamentaux. 

Brochure en anglais The voices of children and adolescents who have a mother, a father or a guardian deprived of liberty. A contribution to the Global Study on Children Deprived of Liberty

Brochure en espagnol Las voces de las niñas, niños y adolescentes que tienen una madre, padre o tutor privado de libertad. Una contribución para el Estudio Global sobre Niños Privados de Libertad.